"Le Faussaire" de Yasushi Inoué

Il y a quelques semaines, j'ai tout de suite remarqué ce recueil de nouvelle à la bibliothèque de rue la plus proche de chez moi. Je l'ai ramené chez moi et je me suis empressé de le lire.
Je connaissais depuis longtemps Yasushi Inoué pour avoir lu "Le Château de Yodo", un passionnant roman historique se passant au Japon au XVIe siècle.
Yasushi Inoué, brillant auteur japonais du XXe, a beaucoup écrit de romans historique, mais également des textes plus contemporains.
C'est le cas ici avec "Le Faussaire".
4e de couverture de l'édition Livredepoche :
Trois récits. Trois manières de regarder l'humanité. Trois mélodies douces amères. Avec en toile de fond, la solitude des êtres et les pesanteurs du destin. Il y a d'abord Le Faussaire : l'étrange enquête d'un journaliste parti sur les traces d'un génie de la peinture, qui découvre dans son ombre l'existence d'un "double" mystérieux... Il y a ensuite Obassuté, thème et variations : souvenirs d'enfance autour d'une légende.... Il y a enfin Pleine lune : le récit de l'ascension et du déclin fulgurants d'un homme qui croyait que le monde était plié à sa loi...
Dans le Faussaire, récit à la première personne, le narrateur (Yasushi Inoué lui même ?) est chargé par le fils d'un défunt peintre célèbre de rédiger la biographie de son père. Le narrateur, peu motivé à la tâche, révèle la destinée d'un autre artiste, également un ami proche, vivant l'ombre de la célébrité et devenu faussaire.
Obassuté est un texte assez court. Il ne s'agit pas à proprement parler d'une histoire, mais plutôt d'une réflexion intime sur les liens familiaux à partir d'une légende dans laquelle un fils abandonne sa vieille mère au sommet d'une montagne.
Dans Pleine Lune, le PDG d'une grosse entreprise est soudainement évincé au profit d'un petit directeur. Au fil des années, ce dernier connaîtra un destin étrangement similaire à celui duquel il a pris la place.
J'ai été ravi de lire ces textes. Ils m'ont plongé dans le Japon du milieu du XXe, à une époque où la tradition et le modernisme se côtoient sans que le second ne prédomine encore sur le premier. La prose d'Inoué est agréable à lire et très vivante. Les récits sont emprunts de mélancolie et d'humanité et les personnages sont touchants.