Partie 2

Je : Il est temps d’évoquer ma première expérience dans l’écriture.


Moi : Tout à fait.


Je : Comment ai-je donc commencé ?


Moi : En classe de seconde, j’avais un très bon professeur de français, pas seulement professeur, mais écrivain professionnel. C’était la première fois et ce fut la dernière fois qu’un enseignant a réussi à m’intéresser à la littérature dite classique. 
Au cours de l’année, il a demandé en classe si des gens accepteraient de participer à un concours de nouvelles organisé par un organisme régional. Quand j’ai découvert que le thème du concours était le fantastique, l’envie d’y participer m’a pris.


Je : Le début d'une aventure !


Moi : Pour l'aventure, on repassera. Pour l’écriture…
Le premier texte que j’ai écrit était à l’origine une histoire de maison hantée, ce qui est devenu plus tard la nouvelle « l’héritage ». Le résultat ne me plaisait pas trop alors j’ai écrit une deuxième histoire que je trouvais plus percutante : l’histoire d’un père et de son fils, en vacance dans un chalet perdu à la campagne. L’enfant adopte un chat errant, qui se révèle être un chat-garou maléfique. Cela se termine à grand renforts de sang, par une scène gore où le garçon est décapité sous les yeux de son père. L’originalité était de raconter l’histoire à travers le journal intime du fils et de courriers écrits par le père.

Pour l’anecdote, le texte devait être envoyé au format dactylographié et à l’époque, les ordinateurs étaient rares. J’ai dû trouver quelqu’un pour taper et imprimer mon texte, qui s’est révélé être plein de fautes de frappes, jusqu’à dénaturer son sens. J’ai passé du temps à corriger stylo et Typ-Ex à la main.


Je : Au final, comment ce texte a été accueilli ?


Moi : Par mon prof, plutôt positivement. Je me souviens qu’il avait noté que « ça fonctionnait ». En revanche, je n’ai jamais eu de retour de l’organisateur du concours.


Je : Raté...


Moi : Effectivement, mais cela m’a encouragé à continuer. Les années qui ont suivi, j’ai écrit assez régulièrement, des nouvelles fantastiques (ce qui deviendra plus tard « Fantômes, Enfers et Damnations », la première partie d’un roman de fantasy (qui n’a jamais été terminé et qui ne le vaut pas vraiment), et j’ai rempli des cahiers entiers avec les transcriptions de mes rêves. J’écrivais pendant les vacances, dans ma chambre, la nuit tombée jusqu’à tard, la musique de Mike Oldfield, Yes et Jean-Michel Jarre dans les oreilles 


Je : Puis les études se sont terminées.


Moi : Diplôme d’ingénieur informatique en poche, je suis monté à Paris, d’abord pour le service militaire, puis pour vivre ma vie de salarié. J’ai délaissé la fiction, mais comme je pratiquais beaucoup le jeu de rôle, j’écrivais des scénarios et je rédigeais des comptes rendus de parties. Mais il est vrai qu’au fil des années, mon inspiration s’est tari.

 
Je : Merci Moi. Dans la troisième partie de cet entretien, je parlerai de ce qui a déclenché l’écriture de mon premier roman.

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