Les 10 films qui ont le plus marqué ma vie.
J'ai participé à un petit jeu sur Facebook qui consistait à poster une image - pas d'affiche, pas de titre, pas d'explication - de 10 films qui m'ont durablement marqué. Un post par jour.
Ce jeu m'a laissé sur la faim. Pourquoi présenter ces 10 films si on ne peut pas en parler ? C'est donc ainsi qu'il m'est venu l'idée d'écrire ce qui suit. Pour ceux qui auront suivi mon profil et se seront creusés la tête, ce sera l'occasion d'avoir la réponse à leurs questions. Pour ceux-là, comme pour les autres qui arriveront ici d'une autre manière, ce sera l'occasion de découvrir ces 10 magnifiques œuvres cinématographiques (et quelques unes supplémentaires).
Ce texte est également ponctuée de petites anecdotes personnelles.
J’ai découvert Lars Von Trier pour la première fois, non pas par un de ses films, mais sa série “The Kingdom”, une série fantastique, qui passait sur Arte tard le samedi soir. Bien que le cadre de la série se passe dans un hôpital, rien à voir avec “Urgences” que je regardais aussi à l’époque. J’ai tout de suite accroché à sa façon de filmer, caméra à l’épaule en lumière naturelle, et surtout sa façon de raconter une histoire.
Un peu plus tard, j’ai visionné l’intégralité des films de Lars Von Trier et il est devenu mon réalisateur préféré. Fondateur du mouvement Dogme 95, il s’est essayé à plusieurs genres - la comédie musicale (“Dancer in the Dark”), le film historique (“Europa”), le drame (“Les idiots”, “Dogville”, “Nymphomaniac”) , la science-fiction (“Melancholia”), le thriller (“The House that Jack Built”), l’horreur (“Antichrist”), etc.) mais toujours avec sa patte, reconnaissable entre mille. Outre la forme, tous ses films racontent des choses que l’on ne voit pas ailleurs, renvoient le spectateur dans ses derniers retranchements, et repoussent les limites jusqu’à celle de l'acceptable.
Breaking the Waves a été un des premiers que j’ai vu. Il est le premier gros succès de Lars Von Trier et je pense le plus touchant. Une histoire d’amour entre une jeune femme innocente vivant à l’écart du monde et un homme moderne ouvrier sur une plateforme pétrolière. Tout les oppose mais ils vivent cependant une passion, sous fond de religion, si dévorante qu’elle en devient destructrice. L’interprétation d’Emily Watson est sublime et jamais le thème du sacrifice n’a si bien été traité.
Dire qu’Akira Kurosawa est un grand réalisateur japonais n’est pas suffisant pour lui faire honneur. Akira Kurosawa est un grand réalisateur mondial, aux oeuvres universelles.
Je suis intéressé par la civilisation japonaise depuis bien longtemps et c’est tout logiquement que je me suis intéressé à ce réalisateur. Ses films le plus connus sont “Les sept samouraïs”, “Yojimbo”, ou “Ran”, mais sa filmographie est longue et diverse. La plupart des ses films se déroulent sur fond historique, mais des films plus méconnus comme “Chien enragé”, “Dodes'kaden”, ou “Les salauds dorment en paix” analysent en profondeur la société moderne japonaise.
“Le château de l’araignée” est une oeuvre universelle. Dans un décor de Japon médiéval, Kurosawa réalise une des meilleures adaptation de “Macbeth”, une pièce de Shakespeare. Ce film est l’un des premiers de Kurosawa que j’ai vu et il m’a fasciné, en même temps qu’il a placé Kurosawa dans mes réalisateurs préférés. La mise en scène est envoûtante, le jeu d’Isuzu Yamada et de Toshirō Mifune est époustouflant.
Aimer “Commando” est à la fois un peu régressif et un peu honteux. L’archétype du film d’action des années 80, avec un Arnold Schwarzenegger au meilleur de sa forme, qui flingue par dizaine des méchants à la sulfateuse, toujours avec un bon mot à la bouche.
Oui j’aime Arnold Schwarzenegger et j’aime ses films. Celui-ci est certainement l’un des meilleurs et des plus efficaces.
Mais j’ai un attachement profond à ce film car il tient une place particulière dans ma vie. Pendant mes années collège, période qui fut difficile pour moi, j’étais en pension la semaine, ce qui voulait dire privé totalement de télé du lundi au vendredi. Sauf le mercredi. Oui car le mercredi, on avait le droit de regarder un film que les “grands” (les élèves de 3e) avaient loué au vidéoclub. C’est donc grâce à ces quatre années que j’ai découvert une bonne partie de tous les films d’actions qui se faisaient à l’époque : les Stallone (beurk), les Chuck Norris (beurk) et tout un tas de gros nanars à base de ninja américains et autres gars plein de muscles (vomit). Il n’y avait que Schwarzenegger qui trouvait vraiment grâce à mes yeux et m’apportait un peu de joie.
Une scène au début de “Commando” m’a également marqué à vie, si bien que je pense à ce film chaque fois que je sors les poubelles (ceux qui l’ont vu comprendront).
Pas besoin de présenter Star Wars. Je suis fan. J’ai vu et apprécié tous les films, j’ai longtemps collectionné tous les romans, j’ai passé des heures à jouer à des jeux de la franchise, et j’ai même écrit des choses sur le sujet.
“L’Empire Contre Attaque” est unanimement considéré par les fans comme le meilleur de la saga. Pourtant ce n’est pas le premier film que j’ai vu de la saga. J’ai vu “Un Nouvel Espoir” assez jeune, avant mes dix ans, si tôt dans ma vie que j’ai des souvenirs de scènes de ce film qui n’ont jamais existé, ni jamais été filmé (c’est étrange comme la mémoire peut nous jouer des tours). “Le Retour du Jedi” ce fut en troisième. Quant à “L’Empire Contre Attaque”, j’ai dû patienter jusqu’à mes 20 ans, pendant mes études.
Cette première fois a quelque chose de drôle et particulier. Je me souviens, j’étais parti avec quelques camarades au vidéoclub pour louer la cassette. Jusque là rien que d’ordinaire à l’époque, sauf que nous n’avions en fait pas de magnétoscope pour la lire. Un pote à la langue bien pendue avait convaincu le gérant du vidéoclub de lui en prêter un. On avait fini la journée entre potes, serrés dans une petite chambre du CROUS, à regarder le film sur une minuscule télévision.
“L’Empire Contre Attaque” le film de la saga que j’ai vu le plus grand nombre de fois ("Les derniers Jedi" est en train de le rattraper) et que j'apprécie particulièrement.
Il existe des films sur lesquels on pose son regard et qu’on ne peut plus décrocher jusqu’au générique. “Eyes Wide Shut” est un de ceux là. Tous les films de Stanley Kubrick sont des chefs d’oeuvre et même si “Eyes Wide Shut” n’est pas le plus connu de ses films, ni le plus apprécié en général, celui-ci est mon préféré.
Le sujet n’est pas forcément des plus original (la relation intime entre un mari et sa femme) mais les errements mentaux de l’homme, ses doutes sur l’amour qu’il porte à son épouse et celui qu’il reçoit en retour, sont mis en scène à travers un parcours initiatique absolument hallucinant.
La scène centrale de l’orgie sexuelle, qui a beaucoup choqué et fait couler beaucoup d’encre, est certe époustouflante mais n’en est qu’une parmi toutes les autres. Les scènes de dialogues pleines de sous-entendu, les scènes où le personnage principal erre seul dans les rues de New York, sont toutes aussi, voire plus marquantes encore. Et comme toujours avec Kubrick, la photographie est magnifique.
Ingrédient essentiel de la réussite de ce film consiste en leurs acteurs principaux, Nicole Kidman et Tom Cruise, qui y sont au sommet de la carrière et de leur talent.
J’ai longtemps ignoré les oeuvres de David Lynch. J’avais bien vu “Dune” et “Blue Velvet” au cours de ma vie, mais sans vraiment m’intéresser à son oeuvre. Cela a changé récemment, pas plus tard qu’au début 2019. Je suis tombé sur un article consacré à “Twin Peaks”, qui parlait de la sortie de sa saison 3, sortie 25 ans après la saison 2. J’avais connaissance de l’aura que possédait cette série, et ne l’ayant jamais vu, j’ai décidé de pallier à mon ignorance. Dès le premier épisode, ce fut un révélation. J’ai avalé les deux première saisons, puis la troisième, encore plus étrange et hypnotisante. Quand ce fut fini, j’ai dévoré sa filmographie, ce qui a placé David Lynch parmi mes réalisateurs préférés.
Oui ses films sont obscurs et difficilement compréhensibles, mais c’est un réalisateur qui raconte les histoires qu’il a envie, et comme il a envie, qui ne me semble jamais prendre le spectateur pour un idiot, contrairement à d’autres réalisateurs de films ésotériques plus en vogue (coucou Christopher Nolan).
Avec “Inland Empire”, David Lynch atteint le summum de son art. “Lost Highway” ou “Mulholland Drive” sont nettement plus conventionnels et compréhensible (quoique), mais “Inland Empire” est de loin son film qui m’a le plus marqué. Pendant la première demi-heure du film, l’intrigue qui suit le personnage principal (interprété par l’extrêmement talentueuse Laura Dern) semble à peu près clair, puis soudain, celle-ci décroche complètement et on ne sait plus du tout ce qu’on regarde. Ce que l’on croyait être la réalité une minute avant ne l’est plus. Des scènes étranges, semblant sans relations, s’enchaînent les unes après les autres. On est vite perdu et on finit par s’abandonner et laisser les images nous hypnotiser.
Même si “Inland Empire” est le plus exigeant des films de Lynch, ce n’est pourtant pas le plus complexe au fond, quand on a trouvé les clés de lecture (qu’il m’a fallu chercher ailleurs que dans le film).
Impossible d’aimer la culture Japonaise sans connaître et apprécier les œuvres d’Hayao Miyazaki. Il est sans conteste le plus grand maître du film d’animation japonais et a permis à de nombreux autres de se révéler (pour ne citer que quelques-uns : Isao Takahata pour "Le tombeau des lucioles", le regretté Satoshi Kon pour "Paprika"). On est bien loin ici des films d’animations made in USA (Disney et consort) que j’ai tendance à abhorrer. Ici pas de manichéisme, pas de clichés, d’humour industriel et de sentiments formatés. Les films d’Hayao Miyazaki sont des parcours initiatiques, dont les personnages (souvent des femmes) ne sont jamais tout blanc ou tout noir. Les images sont toujours sublimes, réalistes et évocatrices. La musique est toujours magnifique et en phase avec l’action.
“Princesse Mononoke” dépasse dans mon coeur “Le Voyage de Chihiro”. C’est un magnifique film historique, d’aventure, parfois violent, avec des personnages touchants aux personnalités et aux motivations développées. Le thème principal, l’affrontement entre les forces de la nature et la civilisation humaine, me touche profondément.
Ce film est pour moi une source d’inspiration et d’admiration.
Je ne me rappelle plus comment j’ai pu m’intéresser à “Punishment Park”, voilà plus de 20 ans. Probablement par hasard. Peter Watkins est bien trop méconnu, voire totalement inconnu en dehors de quelques initiés. La raison en est peut-être qu’il est un réalisateur pacifique et radical. Ses oeuvres dénoncent le militarisme, la violence des puissants et l’influence des médias de masse. Pour tout cela, ses œuvres dérangent l’ordre établi et ont souvent été censurées.
“Punishment Park” prend place dans une Amérique dystopique, en plein mandat Nixon, où tout opposant politique est condamné, au choix, à 20 ans de prison ou à la possibilité de gagner la liberté en traversant le Punishment Park. Il est conçu comme une fiction tournée à la manière d’un reportage (mais est plutôt un documentaire déguisé en fiction), une forme de récit que Peter Watkins utilisa tout au long de la carrière. Le film dénonce les dérives d’une justice et d’une police aveugle et toute puissante. Il est violent, désespéré et vous prend aux tripes jusqu’à un final coup de poing.
Les récentes violences policières en France et ailleurs montrent que ce film garde aujourd’hui toute sa force et toute sa pertinence. En ce qui me concerne, il a allumé une petite flamme de rébellion dans mon coeur qui ne s’est jamais éteinte.
Pour ceux qui aiment “Punishment Park”, je conseille aussi “Commune 1871”, un extraordinaire film qui met la lumière sur une période mal connue et souvent ignorée de nos livres d’histoires.
Les années 70 ont pour moi une aura particulière, elles constituent dans mon imaginaire une forme d’âge d’or artistique. Le fait que j’en sois originaire a peut-être quelque-chose à voir. Bien avant l’ère du tout numérique dégoulinant d’aujourd’hui, ces années nous ont offert des chef-d’oeuvre de science-fiction. Il s’agit aussi d’une époque charnière après les années post seconde guerre mondiale et guerre froide, aux productions trop manichéennes, avec des films plus politiques, plus dérangeantes et plus visionnaires.
“Soleil Vert” en est l’un d’eux qui m’ont marqué le plus (je pourrais citer “Rollerball” également, mais dans un autre registre). Ce film se passe dans une terre surpeuplée et dévastée par le réchauffement climatique, dirigée par une caste de fortunées qui a confisqué les dernières ressources naturelles de la planète. Le visionnage de ce film nous montre, après plus de quarante ans, à quel point tous les constats et les convictions qui habitent les écologistes aujourd’hui étaient déjà légitimes à l’époque et à quel point nous avons tellement perdu du temps. Ce film est douloureusement d’actualité.
Pas la peine non plus de présenter Pink Floyd. Le groupe est une légende du rock progressif (et moi j’aime le rock progressif, c’est mon genre de musique préféré). Même, si ce n’est pas mon groupe préféré dans ce genre (Pour moi Yes surpasse tous les autres), et que “The Wall” n’est pas non plus l’album de Pink Floyd que je préfère (indice : j’ai écouté “Wish you Were Here” des dizaines de fois), le film qui en a été adapté est pour moi le meilleur et le plus puissant film musical (juste devant "The Rocky Horror Picture Show"). Presque sans dialogue, entrecoupé de séquences d’animation époustouflantes, les images qui défilent collent à la perfection avec la musique. Pendant longtemps le destin de Pink, son personnage principal, a beaucoup résonné avec ma propre existence. Pink, est un chanteur de rock qui sombre lentement dans la folie et fabrique peu à peu un mur de brique mental (The Wall) entre lui et le monde extérieur, jusqu’à en devenir complètement prisonnier, ce qui se finit par un déferlement de violence. Moi-même étant un adolescent timide et souvent brimé par mes camarades, j’ai parfois eu la tentation de me protéger de la même manière.
En tant qu’auteur, j’ai souvent imaginé adapter cette histoire à ma manière, ce que j’avoue avoir fini par faire. Le personnage et l’histoire du personnage de Sofia dans mon roman “Dimension Yggdrasill : Walkyrie” est très largement inspiré de “The Wall”.










